VALENE LEBEL OU LE LIEN INDEFECTIBLE AU VIVANT
– Interview-
Travailler en local c’est surtout découvrir de nouveaux talents, des parcours de vie, des passionnés et bien souvent des déserteurs du monde du travail productiviste au profit d’un mode de vie activiste. Valène ce qu’elle aime par-dessus tout c’est être dans ses champs. Déambuler dans sa magnifique roseraie, flâner dans ses allées de basilic et s’émerveiller sans cesse de la puissance du vivant. Lorsque Gaëlle l’a rencontrée pour la première fois ce fût une évidence. Proposer ses hydrolats dans sa gamme de soins ce n’est pas seulement répondre à la thématique du « local » mais bien intégrer un savoir-faire complémentaire, précieux et efficace. Aujourd’hui nous vous proposons d’en savoir plus sur elle et sur son parcours à travers une interview sincère et qui va droit au but. Car Valène c’est ça : l’authenticité un tantinet rustre des gens qui soignent les âmes.
PEUX TU TE PRESENTER EN QUELQUES LIGNES ?

Après un Brevet Professionnel de Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA) et quelques années à travailler en maraîchage, j’ai voulu créer mon entreprise. A l’origine je recherchais un terrain pour m’installer en fruits et légumes biologiques. Après plusieurs semaines et mois de recherche je suis tombée sur l’annonce d’un terrain à vendre sur la commune de Guengat (Finistère). Les propriétaires cultivaient et transformaient déjà des Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales (PPAM). Ce fût un véritable coup de foudre. Il me suffisait de regarder les champs pour m’imaginer parmi ces fleurs, ces aromatiques, ces plantes qui étaient là il y a déjà bien longtemps et qui resteront encore bien après moi. C’est comme ça que j’ai repris l’entreprise Chemins de Traverse. Une ferme biologique à taille humaine, où je cultive avec soin en pleine terre et sous serre :
- Des fleurs
- Des plantes médicinales
- Des aromatiques
DEPUIS COMBIEN DE TEMPS AS TU REPRIS L’EXPLOITATION ?
J’ai racheté Chemins de Traverse il y a un peu plus de 4 ans maintenant. Ce qui est drôle c’est que lorsque je me suis lancée, je n’avais jamais cultivé ce type de plantes. Mais je n’ai pas vraiment eu peur, c’était tellement une évidence, que je n’ai pas réfléchi. Je me suis dit : « Chouette ! Un nouveau challenge » !
COMMENT CHOISI-TU LES PLANTES QUE TU DISTILLES ?



Evidemment l’objectif est de répondre aux différents besoins de mes clients. Et donc l’objectif est toujours d’avoir un panel assez large. J’écoute également beaucoup mes clients. Avoir leurs retours, leurs besoins c’est primordial afin de trouver ce qui leur conviendra le mieux. Bon, et soyons très clair, pour fabriquer un bon hydrolat il faut des plantes choyées, les récolter au bon moment et dans de bonnes conditions. Je n’utilise pas d’intrants pour les cultures, autrement dit, je n’ajoute rien qui ne vienne pas naturellement de la terre. D’autre part, je récolte tout manuellement et sur mon exploitation il n’y a pas de grosse mécanisation. Tout cela a un coût. Cela veut dire passer beaucoup de temps dans mes champs et accepter de passer plus de temps à faire chaque tâche. Mais le temps est le meilleur garant de la qualité de mes produits. C’est comme ça que j’ai décidé de travailler ; Et même s’il m’arrive d’être épuisée car c’est toujours moi qui m’adapte à la nature et non l’inverse, je sais pourquoi je le fais et c’est précieux. Je tiens à rappeler que je suis seule à travailler sur l’exploitation, d’où les journées intenses.
PEUX-TU NOUS DONNER LES ETAPES CLES DE LA FABRICATION D’UN HYDROLAT ?
Tout d’abord je sélectionne des plantes fraîches ou sèches. Puis, je rince le tout afin d’enlever les impuretés. Ensuite, j’utilise un alambic et de l’eau filtrée et je place les plantes au-dessus de l’eau sans que ces dernières soient immergées. J’allume le gaz et je fais chauffer doucement l’eau afin de produire de la vapeur. La vapeur traverse les plantes et entraîne avec elle les composés aromatiques. Puis, le mélange vapeur et molécules se condense en passant dans un système de refroidissement. Le liquide obtenu est composé d’une petite fraction d’huile essentielle et d’une grande partie d’eau aromatique (hydrolat). Ensuite je sépare l’huile essentielle si elle se forme en surface et je conserve uniquement l’eau florale. Et pour terminer je filtre l’hydrolat afin d’éliminer tout résidu éventuel de végétaux. Les hydrolats sont ensuite conditionnés dans des verres teintés afin de conserver le produit à l’abri de la lumière. Parfois lorsque je prends du recul j’ai l’impression d’être dans Merlin l’enchanteur et ça me réjouit.

TRAVAILLER EN CIRCUIT COURT ET EN BIO, EST-CE UN CHOIX MILITANT ?
Pas vraiment. Pour moi, vendre en circuit court est un choix humain avant tout. Qui dit petite entreprise, dit petite production et dit surtout entreprise à taille humaine. Bien sûr je pourrais envisager de produire plus, de posséder plus de terrain et donc de vendre plus. Mais ce n’est pas comme ça que j’envisage les choses. Et puis, je suis une amoureuse de la nature. Le bio me paraît donc être une évidence. Pour moi ce n’est pas militant cela relève juste du bon sens. Pour faire des bons produits, il faut les cultiver dans le respect, c’est ce qu’il y a de plus efficace. La nature ne ment pas. Elle s’offre à vous seulement si vous avez la patience de l’admirer et de l’écouter.

QUELS SONT LES USAGES MECONNUS DES HYDROLATS ?
Nombreuses sont les personnes à utiliser l’hydrolat dans le domaine de la cosmétique mais ils ont également de nombreuses propriétés en interne. Pour donner un exemple : en cette période « d’après-fêtes » je recommanderais du basilic à boire pour aider la digestion des repas lourds et copieux. L’hydrolat à des bienfaits internes et externes. La nature nous offre beaucoup, à nous d’apprendre d’elle afin d’en retirer tous ses bénéfices et je peux vous dire qu’ils sont nombreux !
DEPUIS COMBIEN DE TEMPS TRAVAILLES-TU AVEC GAELLE ? POURQUOI CELA FAIT SENS DE COLLABORER ?
On s’est trouvées au tout début de mon activité il y a 4 ans. A travers nos différents échanges, j’ai vite compris que si nous ne travaillons pas la même matière, nous avions un objectif commun : celui de répondre aux besoins de nos clients en toute transparence et naturalité. Dans le respect du vivant et avec des matières premières de qualité. Depuis la collaboration perdure et j’en suis fière. L’association de nos savoir-faire nous apporte beaucoup mutuellement. Par ailleurs, je sais que Gaëlle apporte une grande attention au conseil et que mes produits sont valorisés et estimés auprès de sa gamme de cosmétiques naturels. Son expertise lui permet de réaliser des diagnostics de peau précis et mes hydrolats s’intègrent parfaitement à ses rituels de soin.
Travailler conjointement et en local avec Gaëlle c’est le signe que nous sommes en mesure de proposer des prestations de qualité avec des produits de qualité sans dénaturer notre environnement et sans concessions sur l’efficacité. C’est une réussite dont je suis particulièrement fière et qui, je l’espère, perdurera encore longtemps.
Merci à Valène d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !
Crédits photos : @Le telegramme / @côte Quimper